Ephemeride

Ma vie, mes Jours, mes Nuits

Mardi 26 juillet 2016 à 17:55

Lâcher prise.

Oublier tout le mal qu'on m'a fait.

Lâcher prise.

Oublier tout le mal que j'ai fait.

Lâcher prise.

Lâcher prise.

J'aimerais tant y arriver.

Cesser de me cramponner à ce que j'ai, pour pouvoir enfin m'envoler.

Je voudrai ne plus avoir mal à chaque fois que je pense à ces gens. Ca tire dans ma poitrine, à chaque fois que je pense à eux. A ma famille. A ma mère. A ma sœur. A mon frère. Même à mon père et ma grand-mère. Mais aussi à mes anciennes connaissances, mon ex où mes chers « amis ». Tous ces gens qui m'ont fait du mal, soit exprès, soit par leur égoïsme.

Tous ces gens à qui j'en ai voulu, et à qui j'ai fait à mon tour du mal. Je me suis avilie.

J'en suis venue à éprouver un état permanent de haine, et surtout envers moi-même. A conduire comme une folle en sachant que j'aurai pu me tuer.

A manger éperdument en souhaitant enlaidir ce corps que je détestais. Et parce que la nourriture me réconfortait.

J'ai vu ma mère et ma sœur, telles des charognards, s'évertuer à dire du mal de mon frère, sans même comprendre que c'est à cause de ce genre de comportement qu'il est devenu comme ça. On ne combat pas le feu par le feu.

Je suis pourtant la première à m'énerver d'habitude, mais j'avais l'impression d'être la seule voix calme dans leur tempête, à tenter de les calmer, de les raisonner, de les ramener à la réalité sans pour autant balancer à l'une ou à l'autre les vérités qui fâchent.

On a tous souffert dans cette famille. On a tous fait de notre mieux avec les cartes qu'on avait. Il n'y a pas à en vouloir aux uns ou aux autres. On a tous fait de notre mieux. On est ce qu'on est, c'est tout.

Avant, j'aurais foncé dans le tas, et je me serai violemment disputée avec elles en prenant la défense de mon frère, tout en sachant que ce qu'elles disent n'est pas totalement faux, mais c'est la façon dont elles le disent qui donne un tout autre sens à ces propos. J'ai toujours cette étiquette pour elles, pour eux. Et pourtant, j'ai bien changé. Je n'ai pas été en colère. Pas même un peu. Je me suis juste senti horrifiée, et tellement triste. Puis la tristesse a reflué, sans disparaître. Accepter que c'est comme ça, que oui, ça fait mal, que c'est comme ça. Que ma famille est tordue. C'est juste comme ça, on ne peut pas tous tirer le bon numéro, et ma foi, il paraît qu'il y a pire.

C'est la façon de le dire, donc. Parce que ça témoigne d'un manque total de recul, un manque d'objectivité absolu. Le déchaînement des passions autours de mon frère. Parce que lui-même est absolu.

Je suis toujours aussi sensible. Ca ça n'a pas changé. Une fois le conflit passé, l'air de rien, je suis encore allée pleurer en haut. J'ai honte de craquer toujours ainsi, mais je suis comme ça, j'ai besoin de laisser mes yeux pleuvoir pour éclaircir le ciel de mes idées.

Mais je n'ai pas été en colère, je crois, parce que je vais enfin partir. Sortir de ce cocon de froideur, de ce nid de froid-piquants, pour affronter le monde réel, plus effrayant encore qu'une famille dans laquelle j'ai appris à survivre depuis le temps. Je réalise que finalement, c'est le monde tout entier qui est à l'image de cette famille et de ces anciens amis. Différent de moi. C'est évident pour beaucoup, mais pour moi, je découvre ça ébahie. Le monde est différent de moi. Ce n'est pas la continuité de mes pensées, même en opposition. Il ne peut pas deviner ce que je pense comme ma meilleure amie en est parfois capable. Non, il est complètement différent. Out of my box.

 

Je vais déménager, et pour pouvoir aller de l'avant, je leur ai par-donné. Je n'ai pas oublié, et si, ça fait toujours mal. Tout ce qu'on m'a fait, malheureusement, je m'en souviendrai toute ma vie, avec ma mémoire qui a tendance à oublier les tables de multiplication mais à se souvenir de chaque parole ou acte blessant, même manqué, à mon adresse ; mais je ne suis plus en colère. Juste triste. Je suppose que c'est une étape du deuil de l'idéal familial auquel je n'arrive pas à renoncer. Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que ça vaut la peine de s'accrocher en sachant qu'au mieux, avec tous mes efforts et toute la peine que je peux me donner, ça ne sera que légèrement mieux que ça, et jamais à la hauteur de mes espoirs ? Combien d'espoirs j'ai sacrifiés dans ma vie ? Des plus impossibles aux plus basiques ?

Mais si je ne m'accroche pas, je devrai vivre avec le pire des renoncements : ma conscience. Parce que je suis « quelqu'un de bien », avec « un grand coeur », et qu'abandonner ma famille, c'est pire que d'être abandonnée par elle.

Lâcher prise...

J'ai peur, tout le temps. Avant, cette sensibilité faisait de mon monde un espèce d'au-delà merveilleux, fantasmé, où tout pouvait arriver. Maintenant, c'est juste un décalage permanent. Là où les gens ne sont même pas secoués, je pleurs, je pleurs comme une fontaine.

Je ne suis pas faible pour autant, je suis même sacrément forte pour avoir réussi à me construire malgré tout. Et pas n'importe comment. Je pense être globalement comme je voudrais être, au moins moralement. C'est à dire que je suis une fille très, trop honnête avec elle-même.

J'ai l'air de me vanter, mais c'est vrai. Ce n'est d'ailleurs pas toujours facile à vivre.

Bref. Mais du coup, je me pose toujours tellement de questions. C'est le prix à payer pour être honnête avec soit-même je suppose. Ca ne veut bien sûr pas dire que ma conduite est exemplaire, loin s'en faut, je suis très impulsive et même parfois irréfléchie. Mais je reconnais toujours mes moments de faiblesse, même si c'est parfois un temps trop tard pour pouvoir les corriger.

Au moins, j'ai cette honnêteté envers moi-même et je m'efforce de toujours corriger le tirs. J'essaie toujours d'être meilleure. Ca ne signifie pas que j'y arrive.

 

Ma vie n'est pas plus pourrie qu'une autre. C'est juste que je prends tout à cœur. Je veux dire, droit, dans le cœur, comme des centaines d'aiguilles, une espèce de poupée vaudou battante.

Ecrire, c'est comme drainer tout, drainer le pu. J'aime bien faire des aides op sur des choses un peu sales. Voir le chirurgien crever un kyste dégueulasse, le pu jaunâtre s'écouler, puis le faire disparaître avec l'aspiration, passer un coup de désinfectant, puis de l'eau stérile, et puis, hop ! On referme.

Le chirurgien, c'est mon père. Est-ce qu'il aimerait faire pareil avec sa femme ? Sa famille ? J'ai l'impression qu'il est le capitaine, lucide, à bord d'un bateau de fous. Il est toujours fort, vaillant. Mais il ne peut juste pas exprimer ses faiblesses. J'ai découvert qu'il avait mal à la hanche quand il marchait, et j'en ai pris un coup. Il ne l'a dit à personne. Je ne lui en ai pas reparlé, consciente qu'il avait pu, pour une fois, s'appuyer, mais qu'il ne tolérerait pas que je lui dise de moins marcher, lui qui aime tant aller se promener.

C'est sa seule échappatoire. Il est l'âme damnée de la maison. Mais l'image du capitaine lui va mieux. Parce qu'il refuse de quitter le navire, et le connaissant, il ne partira qu'une fois qu'il aura coulé. Comprendre, qu'il ne sera libéré qu'une fois ma mère enterrée.

Comme sa mère.

 

Je déteste ces romans d'analyse des caractères à la con, parce que je passe mon temps à faire ce genre de chose. Non pas que j'aie la prétention d'être Zola, loin de là, mais je passe mon temps à essayer de comprendre comment marche chacun. J'ai voulu être psychiatre, à un moment. Mais pourquoi vouloir faire de son métier ce qu'on aimerait pouvoir cesser de faire ?

 

Vague.

Je divague.

 

Complètement. La pluie se tarit, les aiguilles se sont calmées, même si j'ai encore la gorge un peu serrée. Je draine. Je draine.

Je vais peut-être même aller pisser, à force de drainer.

 

J'ai envie de retourner dans ce monde de rêves que j'avais autrefois. Mon abris de livres. Mon bouclier de dessins. Mes délires stupides.

Continuer à rêver. Malgré les abandons.

Mais on ne peut pas revenir en arrière. Je dois construire mon futur, avec ce que j'ai à présent, et ne pas tenter de singer le passé, qui n'avait rien d'attirant par ailleurs, si ce n'est les espoirs que j'avais alors et que j'ai depuis abandonnés.

Mais pas complètement. Je continus d'espérer que demain sera meilleur. Mais je ne l'espère plus de la part des autres. J'espère le bâtir moi-même. Donner aux autres ce que j'aurais aimé qu'on me donne. Etre la personne que j'aimerais rencontrer. Je veux dire, de manière générale. Etre telle que j'aimerais que les gens soient les uns envers les autres.

Je souhaite de tout mon cœur réussir à rendre le monde un peu meilleur. Je ne suis pas une putain de hippie, je suis plutôt agressive en général. Et pourtant, j'espère rendre plus de gens heureux que malheureux. Je veux donner ce que j'aimerais recevoir, mais ce n'est pas un acte généreux. C'est plutôt pour me rassurer. Parce que, si l'autre est un autre moi-même, alors lui donner ce que j'aimerais recevoir, c'est garder l'espoir qu'on me le donne à moi aussi.

Ca n'a rien d'un acte généreux. C'est même l'une des pensées les plus égocentriques qui soient. Puisque c'est supposer que les autres ont les mêmes attentes que moi, qu'ils sont semblables à moi. Alors que je découvre que non, ils sont très différents de moi. Pourtant je vais quand même m'y efforcer, parce qu'il n'y a pas d'autre moyen d'éprouver de l'empathie.

Et que ce que moi, je veux recevoir, plus que tout, c'est de l'empathie. Une empathie totale. Parce que je me sens tellement seule dans ma tête.

J'ai peur d'être seule.

Et pourtant je ne peux pas supporter la compagnie des autres. Je suis perdue dans mes contradictions, à toujours trop penser.
On en revient toujours là. Mon problème, le vrai, c'est que je pense trop. Trop aux autres mais surtout trop à moi-même.

J'aimerais mieux penser à quelque chose de complètement différent de l'humain. C'est ça le fond du problème : l'humain. Moi même étant le premier humain que je connaisse, les autres sont forcément à mon image, selon moi. Mais non. Ou peut-être que si. Je me retrouve dans le même dilemme que petit, quand j'essayais de savoir si l'image dans le miroir était juste une image de moi-même ou un autre moi-même dans une dimension parallèle.

Il aurait fallu que je fasse de la physique, des maths ou à l'extrême rigueur de la biologie, mais pas de la médecine. Je suis en conflit avec tout ce qui touche à l'humain parce que je suis en conflit avec moi-même.

Enfin, peut-être. L'humain est au cœur de tous mes problèmes.

Et par là je veux dire, je suis au cœur de tous mes problèmes. Moi. Je.

Moi, moi, moi, moi. Mais comment sortir de moi-même ? On ne peut pas s'abandonner soit-même. Même en venant aux pires extrémités, on ne peut pas s'abandonner. On peut juste abandonner sa vie. Et je n'en ai pas envie. Parce que je veux continuer à croire qu'au cœur de moi-même il puisse y avoir autre chose que moi même. Parce que quoi qu'on fasse, on est toujours au cœur de soit-même, non ? On ne peut pas voir par d'autres yeux que les nôtres, et sortir de sa propre tête.

 

 

Trop de mots. Un océan de mots. Je vais juste m'échouer sur le rivage, fatiguée, et faire un peu le silence.

Lâcher prise.

Mardi 15 mars 2016 à 22:14

Ce journal infirme qui est le mien

Ne contera ni mon début, ni ma fin,

Et j'espère, vous inspirera

Plus que de la pitié, de l'émoi ?

 

J'ai besoin d'écrire ce qui se passe dans ma tête, ça déborde, ça cogne, ça fait mal. Les idées se bousculent et mon humeur à bascule... Tous en pull. Et. On. S'en. Cule.

J'ai besoin de partager ce que je ressens, mais j'éprouve le sentiment que je n'en peux parler à personne.

J'ai construit des murs tellement épais autours de mon cœur, que j'ai l'impression qu'il va imploser à chaque fois que je veux m'exprimer, à chaque fois que j'ai le cœur gros, à chaque fois que j'aime trop. La cage autours de lui est trop serrée, il n'a pas la place de s'étendre. Ceci dit, c'est une cage adaptée à un cœur d'enfant. Il est resté à sa taille d'enfant, il n'a jamais vraiment grandi.

Je suis Hauru, qui a troqué son cœur contre une étoile filante pour être plus fort.

Mais est-ce que ce n'est pas un peu ce qu'on fait tous ? Est-ce que ce n'est pas ça, tout simplement, grandir ? Devenir « adulte ». Si c'est ça, je ne veux pas devenir adulte.

Même si c'est vrai, aussi, que je n'ai que peu été enfant.

Je suis quoi ? Je suis moi. Je n'ai jamais réussi à me définir moi-même.
Mais je pense qu'on est toujours soit-même le plus mal placé pour se définir. Parce qu'on est tout un tas de chose, et qu'on se connaît entièrement. Je pense que si on arrive à se définir, c'est qu'on se cache des choses à soit-même. Parce que si on arrive si facilement à coller des étiquettes sur les gens, c'est bien parce qu'ils ne nous montrent qu'une facette de leur personnalité.

Aujourd'hui, j'ai parlé de ma mère à la visite médicale obligatoire. La médecin me parlait d'elle comme d'un patient, comme si je devais la considérer comme une maladie psychiatrique et lui passer ses crises et ses hystéries. Le truc, c'est que ce n'est pas un patient, pour moi. C'est ma mère. C'est mon reflet. C'est l'être dont je suis issu. Ma matrice. Bref. Je peux continuer comme ça longtemps, ce que je veux dire, c'est que dans les crises de ma mère, je vois les miennes, et que dans ses travers, je vois mon avenir. C'est un être humain, mais en plus, c'est ma maman. Je ne peux pas me dire « c'est pas elle qui parle, c'est sa maladie ». Parce que ce serait pour moi comme renier la personne qu'elle est. Parce que sa maladie, son hystérie, ses crises, ça fait partie d'elle et de son caractère. Ce n'est pas comme un membre qu'on peut amputer – ou alors, il faudrait l'amputer de sa personnalité, de sa mémoire et de son caractère ! Autant dire que le produit final serait assez fade.

Et puis je suis pareil, alors ce serait comme dire qu'on doit m'amputer moi aussi de ma personnalité, de ma mémoire et de mon caractère.

Pourquoi c'est aussi compliqué ?

C'est pas que je n'aime pas la vie, mais mon rapport à la vie, c'est comme mon rapport à ma mère. Je l'aime, mais elle me cause trop de soucis.

Les relations humaines, c'est trop compliqué. Pas que j'y comprenne rien, mais plutôt que je les comprenne trop bien. Et c'est épuisant.

Je sais que je fais toujours mauvaise première impression, par exemple, et c'est crevant d'essayer de renverser la donne.

Je sais que naturellement, je rebute les gens. Ou bien, au mieux, je ne les intéresse pas.

Je me sens tellement mal.

Pas tellement à cause de ça précisément. C'est une addition de choses.
Je veux une maman. Je veux être une enfant, je ne veux pas grandir. Je veux revoir ma grand-mère. Elle me manque tellement. J'aurais voulu lui dire tellement de choses, j'aurais voulu qu'elle puisse comprendre.

J'aurais voulu que mon père soit heureux.

J'aurais voulu avoir plein d'amis. J'aurais voulu tous les garder pour moi uniquement, pour toujours, et qu'ils n'aiment que moi.

J'aurais voulu qu'il m'aime.

J'aurais voulu qu'ils m'aiment.

J'aurais voulu qu'on m'aime.

J'aurais voulu que les gens s'inquiètent pour moi.

 

J'aurais voulu que l'un de mes « amis », ne me disent pas que ce dont je lui parlais était trop intime pour lui en parler. Comme si nous n'étions pas vraiment amis, mais juste de vagues connaissances. Pour moi c'était devenu un vrai ami, après un an à bavarder de tout et de rien, comme d'autres de la bande. Mais je crois que j'adopte trop vite les gens. Je pensais ne plus faire ce genre d'erreur, à mon âge, et aux vues de mes antécédents en « amitié ». J'aurais pourtant réaliser que même après une dizaine d'années en tant qu'amie proche, je n'ai pas réussi à garder Sonia, à être assez bien pour elle. Il faut croire qu'on n'est jamais vraiment amis. Pourtant je n'arrive pas à cesser d'espérer, sûrement parce que pour moi les amis sont la famille qu'on choisit, et que niveau famille, je n'ai pas forcément eut le jack-pot.

Pas qu'elle soit nulle, mais plutôt que je ne suis pas plus à l'aise avec ma famille qu'avec les autres. Je me sens vraiment inadaptée sociale.

Je me sens toujours mal devant les autres. Comme si je devais à tout prix obtenir leur approbation pour valider mon existence, pour me donner une bonne raison d'être née, mais que je ne pouvais lire dans leur regard que de la désapprobation.

Le seul qui me donne l'impression de m'accepter comme je suis, c'est Cédric. Mais c'est peut-être parce qu'on ne vit pas encore ensemble.

J'ai envie de sortir de ce moule. Je ne me sens pas à ma place parmi eux. Je joue un rôle toute la journée, et mal.

Le maquillage craquelle et laisse apparaître mes purulentes pustules.

C'est pas que j'aime pas la vie, je voudrais vraiment être heureuse.

Mais c'est comme voler trop près du soleil.

 

Je ne me sens pas à ma place.

 

Je me dis que ça ira mieux quand je vivrais avec Cédric, mais je suis terrorisée. Si ça ne va pas mieux à ce moment là, comment je ferai ? Qu'est ce qu'il me restera comme échappatoire ? Comme espoir de mieux-être ?

Si au contraire, c'était pire ? S'il se mettait à me regarder comme les autres ?

Si je perdais mon piédestal ?

Que me resterait-il ?

Je ne suis pas une fille soigneuse, que ce soit avec mes affaires ou avec mes relations... Je suis une vraie souillon.
"J'ai encore perdu ton amour, tu sais,
J'peux pas m'souvenir de ce que j'en ai fait..."
Je ne le fais pas exprès, c'est comme si les choses se dégradaient plus vite dès le moment où elles entraient en ma possession. 

 

Je me sens mal, mal, mal, mal, mal.

Mon dieu, mais que j'ai mal au cœur.

J'ai eut beau l'invoquer du fond de mon âme, il n'est jamais venu.

Il n'a jamais existé.

 

Et je m'en sens encore plus seule.

 

Et Cédric, je l'aime, si fort, si fort, il est bien souvent mon unique raison d'exister.

Cédric est mon seul et unique amour, il est réel, et je l'aime pour ce qu'il est, tel qu'il est, avec ses qualités et ses défauts, que je connais, entièrement.

Je l'aime et je souhaite passer ma vie avec lui, et je voudrais que le rêve que je vis avec lui ne s'arrête jamais.

Mais j'ai peur que lui ne m'aime pas entièrement, pour tout ce que je suis, avec mes défauts réels. J'ai peur que quand il les réalise, il ne m'aime plus.
J'ai déçu pas mal de gens, au final. Ma mère, mon père, mon ex, mes amies.

Je ne veux pas le décevoir lui.

« Quel que soit le temps que ça m'prenne, quel que soit l'enjeux,

Je veux être un homme heureux. »

 

J'ai donc décidé de me construire sans cet anima dévorant, cet idéal délirant.

Pour être heureuse, parce que non, ça ne vaut pas la peine, que j'y revienne.

 

Je ne sais pas si je suis bien trop lucide ou complètement folle.
Ou peut-être trop lucide pour que ça ne soit pas de la folie.

J'ai pas envie de travailler, pas envie de réviser. J'ai envie de perdre du poids, de me sentir à nouveau jolie. Ca fait tellement longtemps que je ne me suis pas trouvé jolie. Vraiment jolie, pas juste pas trop mal.

J'ai envie de légèreté, pour contraster avec la lourdeur de mon cœur.

Et puis, je serai peut-être plus attirante pour les autres. Peut-être qu'on m'aimera plus. Mais je trouve ça injuste, devoir faire tant d'efforts pour être aimée. C'est pas vraiment de l'amour, c'est de l'intérêt. Tout ce qu'ils veulent, c'est ce que je peux leur apporter, et je ne peux pas leur en vouloir, c'est normal.

Il n'y a que peu de personnes qui m'aiment indépendamment de tout ce que je peux leur amener.


Je trouve ça tellement injuste. Moi, j'étais disposée à tous les aimer.

 

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Vendredi 18 décembre 2015 à 23:34

Bonsoir

Oui, je viens de moins en moins, oui, je me répète quand j'écris. A vrai dire j'ai songé à supprimer ce blog étant donné que je n'y viens plus et que je regrette un peu ce que j'ai pu être par le passé. Mais bon, je me dis que je serai contente plus tard d'y revenir, et qu'il n'y a rien de plus honteux ici que les états d'âme d'une lycéenne puis d'une étudiante...
Je suis fraîchement en vacances depuis hier. Enfin, "fraîchement^, comprendre que je me sens aussi fraîche qu'une moule qui aurait souffert d'une rupture de la chaîne du froid. Après un mois à stresser en révisions, et une semaine de partiels à dormir peu et mal, d'autant plus stressée que je ne pouvais pas téléphoner à mon chéri le soir car il est parti pour la Réunion où il y a un petit décalage horaire... bref. Tellement stressée que j'en avais des insomnies, des dysuries, des diarrhées motrices, et j'en passe et des meilleurs. Quand on est tellement stressé que le corps pète les plombs.
L'an dernier pour ma période de partiels de Décembre j'ai ma chaîne lymphatique occipitale droite qui a tellement augmenté de volume qu'on voyait mes ganglions quand je tendais le coup, c'était douloureux et impressionnant, mais surtout angoissant: évidemment tous mes cours sur les métastases ganglionnaires me sont revenus en tête. J'ai fait des prises de sang...et rien du tout. On a pensé à la Toxoplasmose, mais non, rien du tout.
Bref. Le stress fait déconner mon corps.
Cet après-midi, après une bière et quelques verres de champagne seulement au repas de Noël avec des amis, j'ai passé l'après-midi au lit à dormir.
Et surtout je me sens horriblement déprimée, j'ai des sautes d'humeur constantes, je m'énerve pour des broutilles, j'ai les larmes aux yeux en écoutant des chansons qui n'ont rien de tristes, ou même en regardant des dessins animés. 

Je soupçonne fortement ma pilule.

Lorsque j'étais sous l'autre pilule pendant trois ou quatre mois, j'avais moins de sautes d'humeur et moins d'envies soudaines de pleurer... bon après j'avais une stéatose hépatique et de plus gros risques de cancer.
Mais depuis que je suis revenue à ma bonne vieille Jasminelle, j'ai de nouveau des grosses sautes d'humeur et parfois même, dans le situations stressantes comme ces dernières semaines, des idées suicidaires. J'ai beau savoir que c'est la pilule je n'en ai pas moins ces troubles de l'humeur et du comportement alimentaire... Le pire est que ce n'est pas constant: j'ai envie de tuer tout le monde, quelques minutes après je suis triste à en crever, et enfin quelques minutes plus tard je me reprends et je me dis "putain, c'était quoi ça?".
Evidemment je songe à arrêter la pilule tout court, le problème est: 1. l'acné; 2. la contraception.
Alors j'ai songé au combo stérilet en cuivre/roaccutane.
Mais là encore plein de problèmes à cette "solution".
Le premier problème c'est que le stérilet à mauvaise réputation et entraîne des risques de stérilité définitive, en plus de faire très mal lors de la pose et dans le mois qui suit... l'une de mes amies a eut tellement mal à la pose qu'elle a fait un malaise et on a dû lui retirer aussi sec.
Le second problème est concernant le roaccutane. C'est une solution normalement définitive à l'acné mais elle entraîne des troubles de l'humeur avec de sérieux risques de suicides, ce qui est précisément ce que je veux éviter. D'autant que quand on est une fille, le roaccutane va toujours de paire avec sa petite amie la contraception, et comme je l'ai dit le stérilet pose des soucis, et la pilule me donne des troubles de l'humeur. Donc j'ai peur que roaccutane + pilule = COMBO! Jettes-toi du haut d'un immeuble!!  Sans parler des soucis hépatiques et pancréatiques que peut entraîner le roaccutane, mon frère a quand même fait une pancréatite peu de temps après avoir arrêté ce médicament, et j'ai peur de possibles risques carcinogènes et tératogènes à long terme...

Ca m'énerve, je trouve ça injuste. Certaines filles ont une peau parfaite quoi qu'elles fassent ou presque, et n'ont pas de gros effets secondaires à ces putain d'hormones.
Moi ça me fait bouffer comme un tas et ça me rend cinglée.
J'ai bien sûr un terrain fragile à la base, étant très, trop sensible, et naturellement assez stressée. Mais ça atteint des sommets...Ah et évidemment je ne parle pas des douleurs menstruelles que me cause cette pilule, me forçant à prendre des antalgiques qui me font saigner de plus belle alors que j'ai déjà des règles hémorragiques, ce qui fait que j'ai après l'énergie d'un yahourt sous Valium à cause de mon anémie.
Cette histoire c'est un peu le serpent qui se mord la queue: j'ai de l'acné --> je prend la pilule --> ça me fait bouffer, je grossis, je veux perdre du poids --> j'arrête la pilule + changements hormonaux liés à la perte de graisse --> ACNE.

Bref. Pourquoi je parle de tout ça ici... parce que je me dis que ça peut toujours servir à quelqu'un qui aurait le même soucis, on va dire.
Des fois je me dis qu'il vaudrait mieux arrêter tout traitement, parce que après tout, je ne suis pas vraiment MALADE, mais ces médicaments me flinguent la santé.

L'acné est une maladie cela dit. Une vraie maladie, c'est pour ça que les traitements pour les acnés sévères comme j'ai pu en avoir sont remboursés par la sécu... certes ça ne tue pas directement, mais une acné mutilante défigure une personne et cause un handicap social, et peut même - là encore - mener au suicide, surtout chez les personnes émotionnellement fragiles (ados...).

Je me dis que je devrais tout arrêter, et avoir un mode de vie plus sain, manger plus de légumes, faire plus de sport, essayer de me relaxer... HAHA. Je suis étudiante en médecine, ma vie est stressante + je suis naturellement stressée + j'ai une famille stressante. Je compense toutes mes frustrations par la nourriture et si on m'enlève ça je pète un cable. J'ai déjà fait des régimes, mais ça ne dure qu'un temps et en suite les bonnes résolutions partent en fumée et je recommence à manger n'importe quoi pour compenser mes frustrations.
Je suis une grande frustrée.

Ce n'est pas tant un manque de volonté, c'est juste que toute ma volonté passe dans mes études et mes relations et qu'il ne me reste pas des masses de courage pour gérer ma santé et mon corps.

Bon aller, au lit. Bonne nuit.

 

Jeudi 12 novembre 2015 à 20:57

J'ai beau jurer devenir forte, j'ai beau faire la fière, jurer que je suis enfin délivrée de tous mes vices... je suis toujours aussi faible.

https://youtu.be/vYGfrnwn9QU

J'ai beau jurer ne plus haïr, je suis toujours aussi sensible.
J'ai beau me cacher derrière des injures, je suis toujours aussi fragile.

Je suppose que c'est le stress qui me rattrape. Je me sens juste mal, tellement mal.
J'ai jusque ici conjugué cours, option neuro, copain, amis... certes sans l'éclat que j'aurais souhaité avoir. Mais j'aime ma vie. Je crois. Je ne veux pas en changer.
Et pourtant, des fois, j'ai juste envie de courir en arrière et changer tellement de choses.
Mais je ne suis plus libre. Il y a trop de gens qui comptent sur moi.
J'écoute cette chanson, encore et encore et encore et encore. J'ai tellement de choses à dire, encore. Que je n'ai pas dites. Parce que j'ai trop peur des conséquences, ou au contraire. J'ai trop peur que ça ne change rien.
Des fois, j'aimerais juste qu'on me sauve de ma tête.
J'ai beau savoir que j'ai fait les bons choix, je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions.
J'ai agis pour sauver ma peau, je le sais bien. Et j'ai encore beaucoup de choses à faire pour sauver ma peau.
Si j'avais eut plus de courage. 
Est-ce que je serai plus heureuse?
Il me semble que je suis déjà une fille courageuse. Une femme courageuse.
J'ai survécu à pas mal de choses...à commencer par moi même. Ca peut vous sembler anecdotique, pourtant, ce n'est pas rien.
Je sais que c'est ce qui fait mon unicité. Je suis unique parce que je suis folle.
J'aime et j'imagine, mais qu'est ce que je sais faire de plus?
Tout le monde est fou. En tout cas dans ma tête tout le monde est fou.
Sauf lui. Lui, qu'est ce que je serais devenue sans lui.
Je pense que je ne serais plus là pour en parler.
C'est vrai, j'ai beau faire la fière et jurer que je veux vivre, ce n'est pas toujours aussi évident.
Des fois je me demande ce que j'y gagne. Ce que j'y perds.
Ca semble tellement mélodramatique, comme ça, pourtant c'est plus une pensée rationnelle. Ce n'est pas tellement le ras-le-bol de la vie, ni la douleur (elle est ma meilleure amie, j'ai appris à l'apprivoiser la plupart du temps), ni la peur... c'est plus l'idée que tout ça ne sert pas à grand chose. L'inutilité de la chose m'étourdit. Pourquoi?
Certes, je n'ai qu'une occasion de vivre, mais pourquoi?
Mais bon, je me dis qu'après, j'aurais toute l'éternité pour ne plus être, et la vie, face à l'éternité, c'est infiniment petit. C'est comme si nous n'existions déjà plus.
Je sais que j'étais destinée à autre chose que cette vie.
Mais cette autre chose, je pense qu'elle m'aurait détruite.

Et je préfère être actrice. En fait non, je préfère être passive. Mais je sais que je dois être actrice, pour mon bien.

Je m'occupe de moi comme on s'occupe de son enfant, en m'imposant ce qui est bon pour moi plutôt que ce que j'ai envie de faire.
Mais j'ai l'impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre. 
Pourtant, il n'y a pas d'autre possibilité pour moi, pas d'alternative viable.
L'autre possibilité, c'est rien.
Le néant. L'obscurité.

https://youtu.be/a_ADI8Nn2Sc


En fait, je n'arrive à être normale que quand je m'oublie. Je veux dire, quand j'oublie qui je suis, et que je me contente d'imiter les autres.

Mais je me demande si tout ça, ce n'est pas juste parce que je me pose des questions. Je me demande si en fait, tout le monde n'est pas comme ça, mais préfère ne pas y penser, ou tout simplement, ne s'en rend pas compte.
Qu'est ce qui se passerait si les autres étaient aussi seuls que moi?

Je veux dire, nous sommes tous seuls, mais que se passerait-il si tout le monde se rendait compte qu'il est véritablement toujours seul, même entouré?
Est-ce que je trouverais mon alter ego?

Dimanche 25 octobre 2015 à 0:13

J'ai passé l'âge et l'envie d'écrire des poèmes à la con, et je dois dire aussi que j'en suis juste devenue incapable. C'est dommage, j'étais assez douée, avant.
Mais je n'ai juste plus aucune inspiration.
Je me rend compte aussi que j'ai passé l'âge d'écrire de longs monologues sur ma vie. Pas que j'aime plus écrire: comprenez, je prends mon pieds et ça m'aide à ordonner mes pensées. Mais c'est toujours la même chose. Le disque tourne en boucle, parce que le problème, c'est moins ma vie que ma tête. Le problème, c'est que mon cerveau fonctionne trop. Et pas trop genre putain de génie des maths ou artiste grandiose. Plutôt trop genre foutoir géant ou tout se bouscule et se chevauche, baise joyeusement et donne des rejetons avec des gueules de syndrome de Prader-Willi (obscène, obèse, avec de petites couilles et arriéré). Bref, gros bordel et je ne peux rien y faire.
Je pourrais retourner chez le psychiatre.  Je dirais des choses que j'ai déjà dites, il m'apprendrait sur moi des choses que je sais déjà. Je finirais peut-être avec un ou deux médicaments. Franchement, la pharma, moins on en prends, mieux on se porte. J'ai abimé mon foie avec ma dernière pilule, ça suffit les conneries.

L'extra-ordinaire a quitté ma vie, non? Je crois que je suis devenue adulte. Putain. C'est comme chier du verre: Ca troue le cul.
On s'emmerde, et tout est vain.
Parce que sans extra-ordinaire, pourquoi?

J'ai beau dire, je pense que dans le fond j'aimerais bien me reposer, pour une fois, et que d'autres me tiennent un peu la tête hors de l'eau.

Ha mais non. Tout va super bien dans ma vie. 
Enfin pour l'instant. J'ai même eut de nouvelles bottes aujourd'hui. C'est juste Novembre  qui arrive. Putain de Novembre. Je crains fort de ne pas avoir de mot assez vulgaire qui me vienne à l'esprit pour qualifier ce mois. Je crois que "Novembre", pourrait déjà être une insulte en soit.

Il fait froid, il fait moche, le monde devient chauve et la nature va se coucher, et nous laisse seuls à trimer comme des cons dans l'obscurité.

Novembre. Sa mère la pute de dépression.

Things I like when I'm depressed:
https://youtu.be/F5L1YdFcw0A 



 

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